Chintz : le tissu glace, definition et finition brillante

Le chintz est un coton glace, lisse et brillant, souvent a fleurs. Sa brillance vient du glacage : cire, amidon ou resine, fixes par calandrage a friction. Cire et amidon sont temporaires ; seule la resine resiste au lavage. Cousins : le polished cotton et la cretonne, mate.

Chintz : coton imprime a motifs floraux, a la finition glacee lisse et brillante

Qu'est-ce que le chintz ?

Le chintz est un coton imprime, le plus souvent a motifs floraux, dote d'une finition glacee qui le rend lisse et brillant. Cette brillance n'est pas dans la fibre : elle est ajoutee en finition, par un traitement de surface appele glacage. Sans ce lustre, on parlerait d'un simple coton imprime.

Le glacage est l'une des dernieres etapes de l'ennoblissement, apres l'impression du motif. Il ne change ni le tissage ni la couleur : il travaille uniquement l'aspect de surface, pour donner au coton un fini soigne, legerement satine, qui accroche la lumiere.

Historiquement, le chintz designe les toiles peintes indiennes. Aujourd'hui, le terme couvre tout coton imprime et glace. On le trouve surtout en ameublement : rideaux, coussins, tetes de lit, mais aussi, parfois, dans l'habillement.

Le chintz a meme laisse une trace dans la langue anglaise : l'adjectif chintzy, forme a partir de son nom, a fini par signifier tape-a-l'oeil ou bon marche, tant ce tissu a fleuri partout dans la decoration du 19e siecle. Preuve qu'une etoffe peut devenir un phenomene de mode a part entiere.

D'ou vient le nom chintz ?

Le mot chintz vient du hindi chint, qui signifie tachete ou bariole, en reference aux motifs. Atteste en anglais des 1625, il designait les cotonnades peintes importees d'Inde, notamment de la region de Golconde. Le pluriel chints a fini par etre pris pour un singulier, d'ou l'orthographe actuelle.

Ces toiles indiennes, aux couleurs vives et solides obtenues par mordancage, ont connu un tel succes en Europe aux 17e et 18e siecles que leur importation fut un temps interdite pour proteger les manufactures locales. L'Europe a ensuite copie le procede, avec des couleurs d'abord moins franches.

La force du chintz indien tenait a sa teinture : grace au mordancage et a des reserves a la resine, les motifs restaient vifs et resistaient au lavage, ce que l'Europe a longtemps peine a egaler. Le glace, ajoute en finition, parachevait l'aspect precieux de ces toiles.

Comment obtient-on la finition glacee ?

La finition glacee s'obtient en deux temps : on impregne d'abord le tissu d'un appret (cire, amidon ou resine), puis on le lustre sur une calandre a friction. Le frottement d'un cylindre lance plus vite que l'etoffe polit la surface et lui donne son brillant caracteristique.

Tout commence au foulard : le tissu traverse un bain d'appret, puis passe entre des rouleaux qui font penetrer le produit et essorent l'exces. On seche partiellement l'etoffe, puis on la calandre. Le brillant nait alors d'un principe optique simple : en aplatissant et en alignant les fibres de surface, on transforme une surface irreguliere, qui diffuse la lumiere, en une surface lisse, qui la reflechit.

La calandre a friction

Le glacage est un effet particulier du calandrage. Sur une calandre a friction, le tissu passe entre des cylindres chauffes, souvent de 100 a 180 degres, mais l'un d'eux, en acier poli, tourne plus vite que l'etoffe. Ce decalage cree un frottement qui brunit et polit la surface, un peu comme on lustre un cuir. Plus la vitesse et la pression sont elevees, plus le glace est intense.

Cire, amidon ou resine

L'appret depose avant le calandrage determine tout, a commencer par la tenue du glace :

  • Cire ou amidon : un glace facile et economique, mais temporaire, car il part au lavage.
  • Resine : un appret permanent, reticule a chaud (souvent des resines melamine-formaldehyde), dont le glace resiste au lavage.
  • Fibres thermoplastiques : la chaleur du calandrage ramollit legerement la surface, ce qui fixe durablement le brillant, meme sans resine.

La temperature et la pression comptent autant que l'appret. Un cylindre plus chaud et une pression plus forte accentuent le glace, mais un exces peut raidir excessivement l'etoffe ou marquer les plis. Tout l'art du calandrage a friction consiste a doser ces parametres selon le tissu vise.

Pourquoi glacer un coton ?

Le glacage repond a la fois a une exigence esthetique et a une logique pratique. Il donne a un coton ordinaire un aspect plus riche et satine, qui valorise l'imprime et fait ressortir les couleurs, mais il modifie aussi la surface elle-meme.

  • Un rendu plus riche : le lustre fait paraitre le tissu plus haut de gamme et avive les motifs.
  • Une surface plus lisse : le glace ferme la surface, ce qui la rend moins salissante et plus facile a depoussierer.
  • Une meilleure tenue : l'appret raidit legerement l'etoffe, utile pour des rideaux qui doivent tomber droit.

Le glacage resiste-t-il au lavage ?

Cela depend de l'appret. Seul un glacage a base de resine est permanent et resiste au lavage. Les glacages a la cire ou a l'amidon sont temporaires : ils s'estompent des le premier lavage a l'eau. Un chintz ancien, souvent amidonne, se nettoie donc plutot a sec.

C'est le point le plus mal compris du chintz. Un tissu peut etre superbe en boutique et perdre tout son lustre apres un passage en machine. Avant de laver, mieux vaut identifier l'appret : les chintz d'ameublement modernes, a la resine, tolerent l'eau ; les glaces a l'amidon, non.

En pratique, pour un chintz d'ameublement : verifier l'etiquette, preferer le nettoyage a sec en cas de doute, eviter de frotter et le repassage vapeur direct. Un simple amidon peut se raviver a la vapeur legere et au lustrage, mais l'effet reste provisoire.

Chintz, cretonne, polished cotton : quelles differences ?

Ces trois etoffes sont proches et souvent confondues. La difference tient a deux choses : l'impression du motif et la presence, ou non, du glace.

  • Chintz : coton imprime, souvent floral, et glace.
  • Polished cotton : coton glace, mais uni ou a motif tisse plutot qu'imprime.
  • Cretonne : le meme coton imprime, mais sans glacage, donc au toucher mat.

On parle aussi de chintz demi-glace quand le tissu est calandre a friction sans appret raidissant : le brillant est alors plus discret et l'etoffe reste plus souple.

Choisir entre ces etoffes revient a arbitrer entre aspect et entretien. Un chintz glace est plus decoratif mais plus delicat ; une cretonne mate est plus sobre et plus facile a vivre. Le polished cotton, uni et brillant, occupe une place intermediaire, apprecie en doublure et en habillement.

Glacage, moirage ou gaufrage : les effets de la calandre

La calandre ne sert pas qu'a glacer. En changeant les cylindres et les reglages, elle produit des effets tres differents. Le glacage donne un brillant lisse et miroitant ; le moirage cree un effet d'eau, ces reflets ondes ; le gaufrage imprime un relief en creux et en bosses. Le glace, lui, vise la surface la plus lisse et la plus reflechissante possible.

Le glacage a lui-meme un cousin plus extreme, le fini cire, ou effet mouille : on emploie des cylindres tres chauds et davantage de cire ou de resine, pour un brillant presque vernis. Sur des fibres thermoplastiques, la surface fond legerement et l'effet devient permanent, souvent deperlant.

A quoi sert le chintz aujourd'hui ?

Le chintz reste avant tout un tissu d'ameublement : rideaux, doublures, coussins, tetes de lit, et parfois vetements. Son fini glace le rend elegant, moins salissant et facile a depoussierer, tout en donnant a un coton ordinaire un aspect plus riche et plus soigne.

Longtemps associe a un style tres charge, le chintz revient regulierement en decoration. Cote entretien, la regle est simple : verifier l'appret, privilegier le nettoyage a sec pour les glaces fragiles, et repasser de preference sur l'envers, la vapeur directe pouvant ternir le brillant.

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Questions

C'est quoi le chintz ?

Le chintz est un coton imprime, souvent a motifs floraux, dote d'une finition glacee qui le rend lisse et brillant. Ce lustre est ajoute en finition, par le glacage. On l'emploie surtout en ameublement : rideaux, coussins, tetes de lit.

Comment obtient-on la brillance du chintz ?

Par le glacage. On impregne le tissu d'un appret (cire, amidon ou resine), puis on le passe sur une calandre a friction : un cylindre en acier tourne plus vite que l'etoffe et polit la surface, ce qui cree le brillant.

Le chintz est-il lavable ?

Seul un glacage a la resine est permanent et resiste au lavage. Les glacages a la cire ou a l'amidon sont temporaires et partent a l'eau. En cas de doute, on nettoie un chintz a sec pour preserver son lustre.

Quelle difference entre chintz, cretonne et polished cotton ?

Le chintz est un coton imprime et glace. La cretonne est le meme coton imprime, mais sans glacage, donc mat. Le polished cotton est un coton glace, uni ou a motif tisse plutot qu'imprime.

Pourquoi ce tissu s'appelle-t-il chintz ?

Le mot vient du hindi chint, qui veut dire tachete ou bariole, en reference aux motifs. Il designait les toiles peintes importees d'Inde et est atteste en anglais des 1625. Le pluriel chints est devenu chintz.

Le glacage abime-t-il le tissu ?

Non, mais un glace a la cire ou a l'amidon s'use et disparait avec les lavages et l'entretien. Un glace a la resine dure bien plus longtemps. Un repassage vapeur trop chaud peut ternir la brillance.

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