Softshell ou hardshell : quelle différence ?
La hardshell est une veste coque imperméable, à membrane, qui protège d'une pluie soutenue mais ne tient pas chaud. La softshell est une veste souple, extensible et respirante, déperlante mais pas imperméable, plus confortable à l'effort. En un mot : la hardshell arrête l'eau, la softshell privilégie le mouvement et le confort.
Les deux mots viennent de l'anglais shell, la coque : la couche extérieure qui protège des éléments. Hard, dure et rigide ; soft, souple. Tout le reste découle de cette opposition.
La hardshell : la coque imperméable
Une hardshell est faite pour barrer la route à l'eau et au vent. Son tissu extérieur intègre une membrane imperméable et respirante, ses coutures sont thermocollées pour ne pas fuir, et son imperméabilité se mesure en colonne d'eau, l'indice schmerber.
En contrepartie, elle est rigide, plus bruissante, et n'apporte aucune chaleur : ce n'est pas une veste isolée. On la porte comme troisième couche, par-dessus des couches chaudes, quand les conditions se durcissent, pluie battante, neige, vent de montagne.
Son tissu extérieur porte aussi un traitement déperlant qui fait perler l'eau en surface. Sans lui, le tissu se gorge d'eau et la membrane cesse de respirer : la hardshell reste étanche mais devient moite de l'intérieur.
La coque d'une hardshell combine trois éléments que nous détaillons ailleurs : une membrane imperméable et respirante, un tissu de face souvent en ripstop, et un traitement déperlant (DWR) qui protège la respirabilité.
La softshell : souplesse et respirabilité
Une softshell mise sur le confort et la liberté de mouvement. Son tissu est souple et extensible, souvent grâce à un fil d'élasthanne, et surtout très respirant : elle évacue bien la transpiration à l'effort.
Elle est déperlante, pas imperméable : l'eau perle et glisse sous une pluie fine ou courte, mais finit par passer sous une averse soutenue. Beaucoup de softshells sont aussi légèrement isolées, ce qui les rend plus chaudes qu'une hardshell nue.
C'est la veste de la mi-saison et de l'activité : randonnée par temps sec et venté, course, vélo, quand on cherche à ne pas transpirer plus qu'à rester au sec sous un déluge.
Softshell contre hardshell, critère par critère
Pour trancher, il suffit de comparer les deux coques sur les points qui comptent :
- Protection contre l'eau : la hardshell est imperméable et le reste sous une pluie battante ; la softshell est seulement déperlante et cède sous une averse prolongée.
- Respirabilité : la softshell l'emporte nettement, elle évacue la transpiration bien mieux qu'une membrane imperméable.
- Souplesse et confort : la softshell est extensible et silencieuse ; la hardshell est plus rigide et bruissante.
- Chaleur : la softshell est souvent légèrement isolée, la hardshell ne l'est pas et se porte sur des couches chaudes.
- Poids et encombrement : une hardshell moderne se comprime facilement dans un sac ; une softshell se porte plus volontiers en continu.
- Durabilité de la protection : l'imperméabilité de la hardshell dépend de l'entretien de sa membrane et de sa déperlance ; celle de la softshell est par nature limitée.
Aucune ne gagne sur tous les tableaux. Le bon choix dépend de ce que vous affrontez le plus souvent, l'eau ou l'effort.
Comment choisir entre softshell et hardshell ?
Le choix se fait sur les conditions et l'intensité de l'effort :
- Pluie soutenue, neige, exposition longue : la hardshell, seule à garantir l'étanchéité durable.
- Effort intense par temps sec ou venté, mi-saison : la softshell, plus respirante et plus confortable.
- Conditions changeantes : beaucoup emportent les deux, la softshell portée par défaut, la hardshell sortie du sac quand la pluie arrive. C'est la logique du système multicouche.
La règle simple : on choisit une hardshell pour se protéger, une softshell pour bouger. Rares sont les vestes qui font parfaitement les deux, et celles qui prétendent le faire arbitrent toujours entre imperméabilité et respirabilité.
2, 2,5 ou 3 couches : lire une construction de hardshell
Toutes les hardshells ne se valent pas, et l'étiquette parle en couches. Le chiffre décrit comment la membrane est assemblée au tissu :
- La construction 2 couches : la membrane est collée au tissu extérieur, et une doublure séparée la protège à l'intérieur. Simple et économique, plutôt pour un usage courant.
- La construction 2,5 couches : la membrane est collée au tissu extérieur et protégée à l'intérieur par une fine pellicule imprimée, pas une vraie doublure. Résultat, une veste très légère et compressible, appréciée en randonnée rapide.
- La construction 3 couches : la membrane est prise en sandwich entre le tissu extérieur et une doublure intérieure laminée. La plus robuste et la plus durable, réservée aux conditions exigeantes et à l'alpinisme.
Plus de couches ne veut pas dire meilleure dans l'absolu : une 3 couches est plus durable et respirante mais plus chère, une 2,5 couches plus légère mais plus fragile. Là encore, l'usage tranche.
Le vocabulaire à connaître
Trois notions reviennent et méritent d'être distinguées :
- La déperlance : un traitement de surface qui fait perler l'eau. C'est ce qui protège la softshell et le tissu extérieur de la hardshell. Elle s'use et se réactive à l'entretien.
- L'imperméabilité : une propriété de construction, apportée par une membrane ou une enduction, qui bloque l'eau même sous pression. C'est le propre de la hardshell.
- La respirabilité : la capacité à évacuer la vapeur de transpiration, mesurée en MVTR ou en RET. C'est l'atout de la softshell, et l'arbitrage central de toute veste technique. Le tissu qui porte ces constructions est le plus souvent un polyester technique.
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